La sainteté de Dieu et le choc de la rencontre (Is 1–6)
Tout commence par Dieu
Isaïe ne commence pas par une analyse du monde.
Il ne commence pas par les fautes du peuple.
Il ne commence pas par un programme de réforme.
Il commence par Dieu.
Avant toute parole adressée à l’homme, Isaïe laisse apparaître Celui qui parle. La prophétie ne naît pas d’une indignation humaine, mais d’une rencontre.
Un Dieu saint, radicalement autre
Dire que Dieu est saint, chez Isaïe, ce n’est pas d’abord dire qu’il est parfait. C’est dire qu’il est autre.
Autre que nos idées.
Autre que nos sécurités.
Autre que les dieux que l’on fabrique pour se rassurer.
Dieu ne se laisse pas posséder. Il échappe à toute tentative de récupération religieuse ou politique.
Une religion qui continue… mais un cœur qui s’éloigne
Le peuple prie.
Le peuple offre des sacrifices.
Le Temple fonctionne.
Mais la justice est absente. Les faibles sont oubliés. La violence s’installe.
La sainteté de Dieu révèle ce décalage profond entre rites et vie.
Le choc de la rencontre : la vision du Temple
Isaïe voit le Seigneur dans le Temple. Il entend le cri des séraphins. Il sent la terre trembler sous ses pieds.
Face à la sainteté de Dieu, Isaïe ne se sent pas choisi. Il se sent perdu.
Une sainteté qui ne détruit pas, mais purifie
Un charbon brûlant touche ses lèvres. Sa faute est enlevée. Sa parole devient possible.
La sainteté de Dieu ne détruit pas l’homme : elle le rend capable de parler et de vivre.
Le socle de tout le livre
Avant les jugements, avant les promesses, avant l’espérance, il y a cette rencontre avec un Dieu saint.
C’est sur ce socle que tout Isaïe repose.