L’appel de Dieu et l’écoute de sa voix

L’appel de Dieu et l’écoute de sa voix

Le Premier Livre de Samuel s’ouvre sur une expérience fondatrice : Dieu appelle, et l’homme apprend à écouter. Avant toute question de pouvoir, de royauté ou de leadership, la Bible place un appel discret, presque fragile, qui se déploie dans le silence de la nuit.

Samuel n’est pas encore prophète lorsqu’il est appelé. Il est un enfant, endormi dans le sanctuaire, au milieu d’un monde religieux affaibli. Le texte précise : « La parole du Seigneur était rare en ces jours-là » (1 S 3,1).

Ce détail est décisif. L’appel de Samuel naît dans un temps de pénurie spirituelle. Dieu ne parle pas parce que tout va bien, mais précisément parce que quelque chose est en train de se perdre. La voix de Dieu surgit là où l’on ne l’attend plus.

Une voix personnelle, difficile à reconnaître

L’appel est personnel : Dieu prononce un nom. « Samuel ! Samuel ! » (1 S 3,10). Mais cette parole n’est pas immédiatement reconnue.

Samuel se lève, se trompe, court vers Éli. Il confond la voix de Dieu avec celle d’un homme. L’Écriture montre ainsi que l’écoute de Dieu s’apprend.

Elle nécessite du temps, de l’accompagnement, une transmission. Même le prophète ne naît pas tout armé.

« Parle, Seigneur » : la réponse du serviteur

La réponse de Samuel marque un tournant décisif : « Parle, Seigneur, ton serviteur écoute ».

Cette phrase est l’une des plus simples et des plus profondes de toute la Bible. Samuel ne demande pas à comprendre, ni à maîtriser. Il se rend disponible.

Il ne s’affirme pas comme maître de la parole, mais comme serviteur de l’écoute. C’est cette attitude intérieure qui fonde toute vocation prophétique.

Une parole confiée, jamais anodine

À partir de cet instant, la relation entre Dieu et Samuel s’établit dans la fidélité. Le texte insiste : « Le Seigneur était avec lui, et il ne laissa tomber à terre aucune de ses paroles » (1 S 3,19).

La parole confiée à Samuel n’est pas décorative ni consolante. Elle peut être exigeante, parfois dure, y compris envers Éli et sa maison. Écouter Dieu ne signifie pas recevoir une parole confortable, mais une parole vraie.

À travers Samuel, le livre montre que Dieu continue d’appeler même lorsque les institutions vacillent. L’avenir d’Israël ne dépend pas d’abord de sa force, mais de sa capacité à écouter la voix du Seigneur.