Péché, chute et miséricorde
La chute du roi
Le Second Livre de Samuel ne détourne pas le regard. Il ose raconter la chute du roi, sans atténuation, sans justification. Celui qui avait été choisi selon le cœur de Dieu devient l’auteur d’une faute qui engage la vie, le sang et la mort.
Le récit est sobre. David voit, désire, prend. Puis il dissimule. Puis il fait tuer. Le texte n’explique pas, il énumère. Le péché s’enchaîne, et chaque acte entraîne le suivant.
Le pouvoir sans écoute
Le roi reste oint, mais le cœur s’est obscurci. Celui qui gouverne le peuple ne se gouverne plus lui-même.
Le pouvoir, lorsqu’il n’est plus tenu par l’écoute, devient un lieu de violence. La faute de David n’est pas seulement personnelle : elle atteint l’ordre qu’il est chargé de garder.
La parole qui met en vérité
Alors la parole de Dieu revient, non par un prodige, mais par un homme. Le prophète Nathan parle, raconte, éclaire l’injustice.
Et lorsque David s’indigne, la parole tombe, nue, irrévocable : « Cet homme, c’est toi » (2 S 12,7).
David répond sans détour : « J’ai péché contre le Seigneur » (2 S 12,13).
Miséricorde sans effacement
La miséricorde est annoncée, mais elle n’efface pas les conséquences. Le mal a laissé des traces : violence, division, deuil.
Dieu juge, mais il demeure. Il ne nie pas le péché, et il ne rompt pas l’Alliance. La chute n’annule pas l’élection, elle en révèle le prix.
La fidélité biblique ne consiste pas à ne jamais tomber, mais à ne jamais refuser la lumière lorsqu’elle vient.