Le jugement des nations et l’universalité de Dieu (Is 13–23)
Un brusque élargissement du regard
Jusqu’ici, Isaïe parlait surtout d’Israël.
De ses fautes,
de ses peurs,
de sa foi vacillante.
Soudain, le regard s’élargit.
Le prophète ne s’adresse plus seulement à son peuple. Il parle du monde.
Dieu n’est pas enfermé dans une frontière
Isaïe brise une tentation très humaine : croire que Dieu serait le Dieu d’un seul camp.
Dieu connaît les nations.
Il les observe.
Il les juge.
Aucune puissance ne lui échappe. Aucun empire n’est hors de sa portée.
Les nations appelées par leur nom
Isaïe ne parle pas de manière abstraite.
Il nomme les puissances, les royaumes sûrs d’eux-mêmes, les villes orgueilleuses.
Ce sont des réalités politiques bien connues.
Dieu entre ainsi dans l’histoire réelle, celle des peuples, des armées et des stratégies.
Le jugement comme dévoilement
Le jugement des nations n’est pas une vengeance aveugle.
Il est un dévoilement.
Isaïe met au jour l’orgueil des puissants, la violence qui soutient les empires, l’illusion de la domination éternelle.
Ce qui semblait solide se fissure. Ce qui paraissait invincible s’effondre.
La chute des sécurités humaines
Les nations ont bâti leur sécurité sur la force, la richesse et la peur.
Isaïe annonce que ces fondations sont fragiles.
Aucune puissance humaine n’est éternelle. Aucun empire n’est absolu.
L’histoire n’appartient pas aux plus forts, mais à Dieu.
Une parole qui dépasse Israël lui-même
En parlant des nations, Isaïe dit quelque chose de décisif.
Israël n’est pas le centre du monde. Il n’est pas le propriétaire de Dieu.
Dieu agit aussi en dehors de son peuple. Il juge Israël comme il juge les nations.
Cette parole empêche toute foi triomphaliste.
Une universalité qui prépare le salut
Cet élargissement n’est pas seulement une menace.
Il est une ouverture.
Si Dieu est le Dieu de toutes les nations, alors son salut ne peut être réservé à quelques-uns.
Isaïe prépare ici une promesse plus vaste : le salut ne sera pas tribal.
L’histoire mondiale sous le regard de Dieu
Guerres, chutes de royaumes, bouleversements du monde :
rien n’échappe à Dieu.
L’histoire mondiale n’est pas livrée au hasard. Elle demeure sous son regard.
Une foi libérée du repli
En élargissant l’horizon, Isaïe libère la foi.
Il l’arrache au repli identitaire et à l’illusion de l’élection comme privilège.
Il ouvre une foi humble, capable de reconnaître Dieu à l’œuvre au-delà de ses propres frontières.
Une étape décisive dans la traversée
Ce passage marque une bascule.
Après la crise intérieure d’Israël et la peur politique, Isaïe apprend à regarder plus large.
Dieu n’est pas seulement proche. Il est universel.
Et cette universalité prépare déjà un salut pour tous.