La consolation : Dieu n’a pas abandonné son peuple (Is 40–48)

Un changement radical de ton

Quelque chose change dès les premiers mots.

La voix n’accuse plus.
Elle ne menace plus.
Elle ne presse plus.

Elle console.

Après tant de dureté, une parole inattendue se fait entendre.

Dieu prend l’initiative de la consolation

La consolation ne vient pas du peuple.

Elle n’est pas la récompense d’une fidélité retrouvée ou d’un repentir exemplaire.

Elle vient de Dieu lui-même.

C’est lui qui ouvre un nouveau temps.

Une parole qui s’adresse au cœur

Le ton change parce que l’adresse change.

Dieu ne parle plus seulement à la conscience ou à la raison.

Il parle au cœur.

Il rejoint la fatigue, la lassitude, la perte de sens.

L’exil n’est pas la fin

Le peuple est loin.
Déraciné.
Désorienté.

Tout semble dire que l’histoire est terminée.

Isaïe ose pourtant une parole impossible : l’exil n’est pas la fin.

Ce qui ressemble à une impasse devient un passage.

Une fidélité qui ne s’est jamais rompue

Au cœur de la consolation se tient une certitude.

Dieu n’a jamais cessé d’être fidèle.

Même quand le peuple s’est éloigné.
Même quand les promesses semblaient trahies.
Même quand le silence semblait définitif.

La fidélité de Dieu ne dépend pas de la constance humaine.

La création comme signe de puissance

Pour dire cette fidélité, Isaïe élargit à nouveau le regard.

Il évoque le ciel,
les étoiles,
la terre.

Celui qui parle est le Créateur.

Celui qui a donné forme au monde n’est pas impuissant devant l’histoire.

Dieu plus fort que les idoles

Isaïe oppose alors deux réalités.

D’un côté, les idoles : fabriquées, muettes, portées par les hommes.

De l’autre, Dieu : vivant, agissant, portant son peuple.

Les idoles fatiguent.
Dieu relève.

Une parole qui relève la dignité

Dans cette section, Dieu ne rappelle pas seulement sa puissance.

Il rappelle la valeur de son peuple.

Il l’appelle par son nom.
Il le reconnaît comme sien.
Il lui rend une dignité perdue.

La consolation restaure l’identité.

Du jugement à la consolation

Ce changement de ton n’est pas une contradiction.

Il est un accomplissement.

Le jugement n’avait pas pour but d’écraser. Il visait à ouvrir un chemin.

La consolation n’annule pas le passé. Elle lui donne un sens nouveau.

Une parole pour recommencer

Isaïe ouvre ici une étape nouvelle.

Le peuple peut recommencer à marcher,
à espérer,
à écouter.

La consolation n’est pas une fin paisible.

Elle est un commencement.

Un seuil franchi

Avec ces chapitres, Isaïe franchit un seuil décisif.

Après la crise, après l’effondrement, après l’appel pressant,

une parole se lève : Dieu n’a pas abandonné son peuple.

Cette parole va désormais porter tout le reste du livre.