Joseph et Marie
Bienvenue à cette présentation sur Joseph et Marie, les parents terrestres de Jésus-Christ. Nous allons explorer leur vie, leur foi et leur rôle crucial dans l'histoire du christianisme.
À travers les récits évangéliques, nous découvrirons comment ces deux figures bibliques ont accueilli leur mission divine avec humilité et courage, traversant ensemble des épreuves extraordinaires pour élever celui qui allait changer le monde.
De l'Annonciation à la naissance de Jésus, de la fuite en Égypte à la vie à Nazareth, nous suivrons le parcours de cette famille exceptionnelle.
Qui étaient Joseph et Marie ?
Joseph
Joseph était un artisan ("tekton" en grec), souvent traduit par charpentier, mais pouvant aussi désigner un ouvrier travaillant la pierre ou le métal. Originaire de Bethléem, il vivait à Nazareth. L'Évangile de Matthieu souligne son appartenance à la lignée royale de david.
Selon la tradition, Joseph aurait été plus âgé que Marie et serait décédé avant le ministère public de Jésus, car il n'est plus mentionné dans les évangiles après l'épisode de Jésus au Temple à 12 ans.
Marie
Marie (Myriam en hébreu) était une jeune femme juive de Nazareth, en Galilée. Issue probablement de la lignée de David, elle était fiancée à Joseph lorsque l'ange Gabriel lui apparut. Les traditions la présentent comme une femme pieuse, élevée dans la foi juive.
Les chercheurs estiment qu'elle avait probablement entre 14 et 16 ans lors de l'Annonciation, âge habituel du mariage pour les femmes à cette époque.
Joseph, bien que n’étant pas le père biologique, est enseigné comme le père légal de Jésus, acteur de la préparation du contexte humain de l’Incarnation.
Matthieu 1,16 mentionne Joseph comme époux de Marie et héritier légal de la lignée davidique, donnant à Jésus le droit légal d’être reconnu Messie selon la prophétie (2 Sam 7).
Marie représente le oui humain à l’alliance divine : elle devient Mère du Sauveur non par mérite mais par vocation, illustrant la coopération de la grâce et de la liberté humaine.
Luc 1,27 : Marie est présentée comme vierge fiancée à Joseph.
L’obéissance de Marie et Joseph à la volonté divine marque le début concret de l’accomplissement des promesses messianiques, montrant combien Dieu appelle des cœurs disponibles pour réaliser son plan de salut (Is 7,14).
Luc 1,26-38 : l’annonce à Marie. Matthieu 1,18-25 : l’annonce à Joseph dans un songe. Matthieu 1,16 : Joseph héritier légal de la lignée davidique (2 Sam 7).
L'Annonciation: un moment décisif
L'apparition de l'ange
L'ange Gabriel apparaît à Marie à Nazareth et la salue comme "comblée de grâce".
Cette salutation inhabituelle trouble la jeune femme qui se demande ce qu'elle signifie.
L'annonce divine
Gabriel lui annonce qu'elle concevra et enfantera un fils qu'elle nommera Jésus.
Il sera grand, appelé Fils du Très-Haut, et son règne n'aura pas de fin.
Le questionnement de Marie
Marie interroge l'ange: "Comment cela sera-t-il possible, puisque je ne connais point d'homme ?"
Gabriel lui explique que l'Esprit Saint viendra sur elle.
Le consentement
"Je suis la servante du Seigneur; qu'il me soit fait selon ta parole."
Par ces mots, Marie accepte librement la volonté divine, devenant ainsi la Mère du Sauveur.
Cet événement accomplit les attentes de l’Ancien Testament, notamment la promesse d’Isaïe : « Voici que la vierge concevra et enfantera un fils » (Is 7,14), ainsi que l’espérance messianique liée à la descendance de David (2 S 7,12-16).
À l’Annonciation, les promesses anciennes cessent d’être seulement annoncées : elles commencent à se réaliser concrètement dans l’histoire.
L'Annonciation dans l'Évangile de Luc
Seul témoin de l'Annonciation
L'Évangile de Luc est le seul à rapporter en détail l'épisode de l'Annonciation. Ce récit s'inscrit dans une série d'annonces de naissances miraculeuses qui constituent le début de cet évangile.
Parallèle avec Jean le Baptiste
Luc établit un parallèle entre l'annonce de la naissance de Jean-Baptiste à Zacharie et celle de Jésus à Marie, soulignant la supériorité de Jésus tout en montrant la continuité entre l'Ancienne et la Nouvelle Alliance.
Perspective théologique
Luc présente l'Annonciation comme l'accomplissement des prophéties messianiques, notamment celle d'Isaïe sur la vierge qui enfantera. Son récit met en lumière le mystère de l'Incarnation et la divinité de Jésus.
La dimension mariale
L'Annonciation dans Luc est aussi le premier élément d'une véritable "théologie mariale", présentant Marie comme modèle de foi et d'obéissance à Dieu. Sa réponse à l'ange devient le prototype de l'attitude chrétienne.
L’Annonciation est le moment central de l’Incarnation, où le Verbe éternel devient chair (Jean 1,14), et où l’humanité humaine entre dans le mystère du salut.
Luc 1,26-38 relate cette scène fondatrice, où l’Esprit Saint vient sur Marie et où sa réponse exprime une foi profonde et lucide.
Le dilemme de Joseph
Face à la grossesse inexpliquée de Marie, Joseph se trouve confronté à un dilemme déchirant.
Selon la loi mosaïque, l'infidélité présumée méritait la lapidation. Mais Joseph, décrit comme un homme juste par Matthieu, choisit la miséricorde plutôt que la rigueur de la loi.
L'intervention divine par le songe transforme sa compréhension de la situation.
L'ange lui révèle: "Ce qui a été engendré en elle vient de l'Esprit Saint."
Joseph accepte alors sa mission de père adoptif du Messie, manifestant une foi et une obéissance comparables à celles de Marie.
Joseph incarne la justesse tempérée par la miséricorde : il ne condamne pas mais accueille, modèle d’écoute de Dieu et de bonté pratique.
Matthieu 1,18-20 : Joseph est décrit comme un homme juste et miséricordieux, et reçoit du ciel la mission de prendre Marie pour épouse.
Joseph : père adoptif et protecteur
Gardien de la sainte famille
Joseph assume pleinement son rôle de chef de famille et de protecteur. Il guide Marie à Bethléem pour le recensement, trouve un abri pour la naissance, puis mène sa famille en sécurité en Égypte face à la menace d'Hérode.
Transmission de la foi
En tant que père juif pieux, Joseph a certainement initié Jésus aux pratiques religieuses. Les évangiles mentionnent la présentation au Temple et le pèlerinage annuel à Jérusalem, témoignant de cette éducation religieuse.
Enseignement
Joseph transmet son métier d'artisan à Jésus, qui sera lui-même appelé "le charpentier" ou "le fils du charpentier". Cette formation professionnelle permettra à Jésus de subvenir à ses besoins avant son ministère public.
Modèle de vertu
La tradition chrétienne voit en Joseph un modèle de vertus: humilité, fidélité, travail, silence méditatif. Son obéissance spontanée aux messages divins reçus en songe illustre sa profonde vie spirituelle.
La Visitation : rencontre de Marie et Élisabeth
Le voyage de Marie
Après l'Annonciation, Marie se rend "en hâte" vers la région montagneuse de Judée pour visiter sa cousine Élisabeth, enceinte de Jean-Baptiste. Ce voyage de Nazareth en Galilée jusqu'en Judée représentait environ 150 kms.
La salutation
Lorsque Marie salue Élisabeth, l'enfant tressaille dans le sein de cette dernière. Remplie de l'Esprit Saint, Élisabeth s'écrie: "Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de ton sein est béni!"
Le Magnificat
Marie répond par un cantique de louange, le Magnificat, qui s'inspire de nombreux passages de l'Ancien Testament. Ce chant prophétique célèbre les merveilles que Dieu accomplit en elle et annonce le bouleversement des valeurs mondaines.
Le séjour
Marie reste environ trois mois auprès d'Élisabeth, probablement jusqu'à la naissance de Jean-Baptiste, avant de retourner à Nazareth. Cette période permet aux deux femmes de partager leur expérience spirituelle extraordinaire.
La Visitation révèle que l’Incarnation n’est pas un mystère refermé sur Marie, mais un salut déjà en mouvement vers les autres. En portant le Christ en elle, Marie devient la première « arche vivante » de la Nouvelle Alliance, faisant écho à l’arche de l’Alliance de l’Ancien Testament qui portait la présence de Dieu (2 S 6).
La rencontre avec Élisabeth manifeste que la venue du Messie provoque la joie et l’effusion de l’Esprit Saint, accomplissant l’espérance prophétique d’un salut qui visite son peuple (So 3,14-17). La Visitation montre ainsi que Dieu se rend proche et sanctifie l’humanité dès les premiers instants de l’Incarnation.
Le Magnificat : chant de Louange de Marie
Louange personnelle
"Mon âme exalte le Seigneur, et mon esprit tressaille de joie en Dieu mon Sauveur, parce qu'il a jeté les yeux sur l'abaissement de sa servante."
Proclamation prophétique
"Désormais, toutes les générations me diront bienheureuse, car le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses. Saint est son nom."
Justice sociale
"Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides."
Fidélité aux promesses
"Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères, en faveur d'Abraham et de sa descendance, à jamais."
Marie est figure de l’Église en prière, accueillant avec foi la Parole et la méditant dans son cœur (Luc 2,19).
Luc 1,46‑55 : le Magnificat, expression de la théologie mariale : Dieu élève les humbles et comble ses promis.
Le voyage vers Bethléem
Ce voyage difficile, effectué dans les derniers jours de la grossesse de Marie, témoigne des conditions humbles dans lesquelles le Fils de Dieu a choisi de venir au monde.
La tradition chrétienne y voit souvent un signe que le Christ est venu partager pleinement la condition humaine, y compris ses aspects les plus précaires.
Le décret de recensement
L'empereur Auguste ordonne un recensement de tout l'empire, obligeant chacun à retourner dans sa ville d'origine.
Le voyage éprouvant
Joseph et Marie, enceinte, parcourent environ 150 km de Nazareth à Bethléem.
La recherche d'un logement
À leur arrivée, ils ne trouvent pas de place dans l'hôtellerie de Bethléem.
L'abri de fortune
Ils doivent se réfugier dans une étable ou une grotte servant d'abri pour les animaux.
La naissance de Jésus
L'accouchement dans l'étable
Marie met au monde son fils premier-né dans des conditions humbles. L'enfant Jésus naît dans un lieu qui contraste fortement avec sa dignité divine de "Roi des rois".
L'emmaillotement
Suivant la coutume juive, Marie emmaillote l'enfant de bandelettes pour le protéger et favoriser le développement droit de son corps. Ce geste maternel témoigne des soins attentifs apportés au nouveau-né.
La crèche comme berceau
En l'absence de berceau, Jésus est déposé dans une mangeoire (crèche), détournée de sa fonction première pour accueillir le "Pain de vie". Ce détail, mentionné trois fois par Luc, devient un signe pour les bergers.
La méditation de Marie
L'évangéliste Luc note que "Marie retenait tout ces évènements et les méditait dans son cœur", (Luc 2, 51) soulignant ainsi sa contemplation intérieure des mystères qui se déroulaient autour d'elle.
La naissance de Jésus dans les Évangiles
Evangile de Matthieu
Récit concis centré sur Joseph. Mentionne la naissance à Bethléem, l'adoration des mages et la fuite en Égypte. Accent sur l'accomplissement des prophéties messianiques.
Evangile de Marc
Ne contient aucun récit de la naissance ou de l'enfance de Jésus. Son évangile commence directement avec le baptême de Jésus adulte par Jean-Baptiste.
Evangile de Luc
Récit détaillé incluant l'Annonciation, la Visitation, le voyage à Bethléem, la naissance dans l'étable, l'annonce aux bergers et leur visite. Perspective centrée sur Marie.
Evangile de Jean
Approche théologique sans récit de la nativité. Présente l'Incarnation du Verbe éternel: "Et le Verbe s'est fait chair, il a habité parmi nous".
La naissance de Jésus réalise les promesses messianiques annoncées dans l’Ancien Testament. Isaïe prophétise l’enfant né d’une vierge comme signe de salut (Is 7,14), et Michée précise le lieu de sa venue à Bethléem (Mi 5,1).
Dans le Nouveau Testament, Matthieu 1,18‑25 et Luc 2,1‑20 racontent sa naissance : Jésus naît humblement, mais sa venue inaugure la présence de Dieu parmi les hommes et confirme l’accomplissement des prophéties anciennes.
Les Bergers : premiers témoins
L'annonce céleste
Des bergers gardent leurs troupeaux dans les champs près de Bethléem durant la nuit. Soudain, un ange du Seigneur leur apparaît, entouré de la gloire divine, provoquant leur effroi. L'ange les rassure: "Ne craignez point, car je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple".
Le message de l'ange
L'ange annonce la naissance du Sauveur, Christ et Seigneur, dans la cité de David. Il leur donne un signe pour reconnaître l'enfant: ils le trouveront emmailloté et couché dans une crèche. Une multitude d'anges apparaît alors, louant Dieu : "Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu'il aime".
La visite à l'étable
Après le départ des anges, les bergers décident d'aller jusqu'à Bethléem.
Ils trouvent Marie, Joseph et le nouveau-né couché dans la crèche, exactement comme l'ange l'avait annoncé.
Ils racontent à tous ce qu'ils ont vu et entendu, puis s'en retournent en glorifiant Dieu pour tout ce qu'ils ont vu.
La venue des bergers à l’étable souligne que le salut de Dieu est offert à tous, spécialement aux humbles et aux pauvres, conformément à l’esprit des prophètes de l’Ancien Testament qui annonçaient la libération des opprimés (cf. Isaïe 61,1‑2 ; Ps 113,7‑9). Leur présence montre aussi que la bonne nouvelle du Messie n’est pas réservée aux puissants, mais qu’elle touche ceux qui sont attentifs à Dieu et ouverts à sa Parole.
Luc 2,8‑20 raconte cette rencontre : les bergers reçoivent la révélation de la naissance du Sauveur, adorent l’enfant et deviennent les premiers témoins de la joie messianique.
Les Mages : de mystérieux visiteurs
Le voyage guidé par l'étoile
Venus d'Orient, probablement de Perse ou de Babylonie, ces savants astrologues ont observé un phénomène céleste extraordinaire qu'ils interprètent comme annonçant la naissance d'un roi en Judée. Ils entreprennent un long voyage, suivant cette étoile jusqu'à Bethléem.
L'offrande des présents symboliques
Ils apportent trois présents chargés de symbolisme: l'or, symbole de royauté, reconnaissant Jésus comme roi; l'encens, utilisé dans le culte divin, reconnaissant sa divinité; la myrrhe, servant à l'embaumement, préfigurant sa mort sacrificielle.
Le retour par un autre chemin
Avertis en songe de ne pas retourner vers Hérode, qui cherche à éliminer l'enfant, ils regagnent leur pays par un autre chemin. Leur visite, rapportée uniquement par Matthieu, symbolise la reconnaissance du Messie par les nations païennes.
La venue des mages souligne que le Messie est l’Emmanuel pour tous les peuples, pas seulement pour Israël. Elle manifeste que la lumière du Christ attire les nations et que Dieu se révèle aux sages et aux chercheurs de vérité, accomplissant les promesses de l’Ancien Testament sur la royauté et la reconnaissance des nations (cf. Ésaïe 60,1‑3 ; Ps 71,10‑11 (version AELF)).
La menace d'Hérode
Hérode le Grand, roi de Judée nommé par les Romains, était connu pour sa cruauté et sa paranoïa. D'origine iduméenne (non juive), il avait usurpé le trône de la dynastie hasmonéenne et craignait constamment les complots. L'annonce par les mages de la naissance d'un "roi des Juifs" le plongea dans un état de panique.
Après avoir consulté les experts religieux qui identifièrent Bethléem comme lieu de naissance du Messie selon la prophétie de Michée, Hérode tenta d'utiliser les mages pour localiser l'enfant. Déjoué dans son plan, il ordonna le massacre de tous les enfants de Bethléem âgés de moins de deux ans, un acte de cruauté extrême qui préfigure l'opposition que Jésus rencontrera tout au long de sa vie.
Pour en savoir + sur la dynastie hérodienne, cliquez ICI
La menace d’Hérode révèle le conflit entre le pouvoir humain et le règne de Dieu. Elle illustre comment le mal et l’injustice cherchent à étouffer la lumière divine dès ses débuts, rappelant les prophéties de l’Ancien Testament sur la persécution des justes et la lutte contre l’Emmanuel (cf. Jérémie 31,15 ; Michée 5,1).
La fuite en Égypte
L'avertissement divin
Un ange apparaît en songe à Joseph après le départ des mages. Il lui ordonne de fuir en Égypte avec l'enfant et sa mère pour échapper à la fureur d'Hérode qui cherche à faire périr Jésus. Cette intervention divine montre la protection spéciale accordée à la Sainte Famille.
L'exil en terre étrangère
Joseph obéit immédiatement, partant de nuit avec Marie et l'enfant pour un voyage périlleux d'environ 400 kilomètres à travers le désert du Sinaï. L'Égypte, sous domination romaine mais hors de la juridiction d'Hérode, abritait une importante communauté juive qui pouvait les accueillir.
Le retour à Nazareth
Après la mort d'Hérode (en 4 av. J.-C.), un ange apparaît de nouveau à Joseph pour lui annoncer qu'il peut rentrer en Israël. Apprenant qu'Archélaüs, fils d'Hérode, règne sur la Judée, Joseph préfère s'installer en Galilée, à Nazareth, où Jésus grandira.
Ce passage illustre la vigilance de Dieu pour la vie du Christ et l’obéissance totale de Joseph, qui comprend que protéger la vie du Fils de Dieu fait partie de sa mission de père terrestre.
Matthieu 2,13‑15 : l’ange avertit Joseph de partir rapidement ; cette fuite accomplit l’oracle d’Osée (Os 11,1).
La retour en Galilée
Après leur retour d'Égypte, la Sainte Famille s'installe à Nazareth, bourgade modeste de Galilée.
Cette période, couvrant l'enfance et la jeunesse de Jésus jusqu'à l'âge de 30 ans environ, est appelée "vie cachée" car les évangiles en disent très peu.
À Nazareth, Joseph exerce son métier d'artisan, tandis que Marie s'occupe du foyer selon les coutumes de l'époque.
Jésus grandit dans ce cadre familial ordinaire, apprenant le métier de son père adoptif.
La famille participe à la vie religieuse locale, fréquentant la synagogue le jour du sabbat et se rendant au Temple de Jérusalem pour les grandes fêtes annuelles.
Jésus au Temple à 12 ans
Cet épisode, rapporté uniquement par Luc, est le seul récit évangélique concernant la jeunesse de Jésus. Lors du pèlerinage annuel à Jérusalem pour la Pâque, Jésus, âgé de douze ans, reste dans le Temple sans que ses parents s'en aperçoivent. Le retrouvant après trois jours d'angoisse, ils le découvrent assis au milieu des docteurs de la Loi, les écoutant et les interrogeant.
À Marie qui lui exprime son inquiétude, Jésus répond: "Pourquoi me cherchiez-vous? Ne saviez-vous pas que je dois être aux affaires de mon Père ?"
Cette première parole de Jésus rapportée dans les évangiles révèle sa conscience précoce de sa relation unique avec Dieu et de sa mission.
L'incompréhension de ses parents souligne le mystère qui entoure son identité.
Marie & Joseph dans les Quatre Évangiles
| Matthieu | Marc | Luc | Jean | |
|---|---|---|---|---|
| Marie | Présente Marie principalement à travers le regard de Joseph, soulignant sa maternité virginale comme accomplissement des prophéties. | Mentionne très peu Marie, principalement dans un épisode où Jésus semble prendre de la distance avec sa famille. | Accorde la plus grande place à Marie, notamment dans les récits de l'enfance. Il nous transmet son Magnificat et note à deux reprises qu'elle "gardait toutes ces choses et les méditait dans son cœur". | Donne à Marie une place significative au début (noces de Cana) et à la fin du ministère de Jésus (au pied de la croix), l'appelant simplement "la mère de Jésus". |
| Joseph | Dans l'Évangile de Matthieu, Joseph est un personnage central des récits de l'enfance. Présenté comme un "homme juste", il reçoit quatre songes qui guident ses actions : accepter Marie comme épouse, fuir en Égypte, revenir en Israël, puis s'installer en Galilée. Matthieu souligne sa lignée davidique. | Marc ne parle pas de la nativité et ne mentionne Joseph qu'indirectement, lorsque les habitants de Nazareth s'étonnent de la sagesse de Jésus en disant: "N'est-ce pas le charpentier, le fils de Marie?" (Marc 6,3). | Chez Luc, Joseph reste en arrière-plan par rapport à Marie. Il est mentionné comme "fiancé de Marie" puis comme le père légal de Jésus lors du recensement et de la présentation au Temple. Luc rapporte également sa généalogie, différente de celle de Matthieu. | Jean ne fait aucune mention directe de Joseph. Jésus y est identifié comme "fils de Joseph" par Philippe (Jean 1,45) et par les Juifs incrédules (Jean 6,42), mais l'évangéliste ne développe pas cette filiation terrestre. |
L'héritage spirituel de Joseph et Marie
Des modèles de foi
Joseph et Marie incarnent l'obéissance confiante à la volonté divine, même lorsqu'elle bouleverse tous leurs plans.
Leur "oui" respectif à Dieu, exprimé différemment mais avec la même générosité, constitue un exemple pour tous les croyants face aux appels déconcertants de Dieu.
Les témoins de l'Incarnation
Premiers témoins du mystère de l'Incarnation, ils nous enseignent à reconnaître la présence de Dieu dans l'ordinaire de notre vie.
Leur expérience unique de la proximité avec le Verbe fait chair nous invite à découvrir Dieu dans les réalités quotidiennes.
Les fondateurs de la Sainte Famille
Le couple formé par Joseph et Marie offre un modèle de famille centrée sur Dieu.
Leur vie familiale à Nazareth, marquée par la prière, le travail et l'amour mutuel, inspire les familles chrétiennes dans leur vocation à devenir des "églises domestiques".
Les patrons des vocations spécifiques
Dans la tradition chrétienne, Marie est devenue patronne de nombreuses causes, notamment des mères, des femmes enceintes et de divers pays. Joseph est vénéré comme patron des travailleurs, des pères de famille et de l'Église universelle, ainsi que de la bonne mort.
Joseph et Marie sont des modèles de disciples authentiques : disponibilité, confiance en Dieu, fidélité silencieuse, et coopération à l’œuvre rédemptrice du Christ.
Actes 1,14 : Marie présente avec les disciples après la Résurrection, priant pour la venue de l’Esprit.