Comprendre le Crédo : le Symbole des Apôtres
Et pourtant, toute la foi chrétienne tient dans le Credo.
Chaque dimanche, des millions de chrétiens proclament le Credo sans toujours mesurer la richesse de chacune de ses affirmations. D'où vient cette profession de foi ? Pourquoi est-elle est-elle proclamée par l'Église depuis près de deux mille ans ? Et que signifient réellement chacune des paroles qu'elle nous fait prononcer ? Cette page vous propose de découvrir l'origine du Symbole des Apôtres et d'entrer, pas à pas, dans l'intelligence de cette profession de foi qui demeure aujourd'hui encore au cœur de la vie chrétienne.
Pourquoi les chrétiens proclament-ils un Credo ?
Qu'est-ce qu'un Credo ?
Le mot Credo signifie simplement « Je crois » en latin. Il désigne une profession de foi, c'est-à-dire un texte qui résume l'essentiel de ce que croient les chrétiens. En quelques lignes, il rassemble les vérités fondamentales de la foi chrétienne : Dieu le Père, Jésus-Christ, l'Esprit Saint, l'Église et l'espérance de la vie éternelle.
Pourquoi une profession de foi ?
Dès les premiers siècles, les chrétiens ont ressenti le besoin d'exprimer clairement leur foi. Cette profession commune permettait d'enseigner les nouveaux baptisés, de transmettre fidèlement l'héritage reçu des apôtres et de proclamer publiquement ce que l'Église croyait. Le Credo n'est donc pas une simple prière : il est la confession de foi de toute la communauté chrétienne.
Les premières professions de foi
Bien avant la rédaction des Credo que nous connaissons aujourd'hui, les premiers chrétiens proclamaient déjà leur foi en Jésus ressuscité par de courtes formules. Au fil du temps, ces professions de foi se sont enrichies afin d'exprimer plus précisément le cœur du message chrétien et de répondre aux questions qui traversaient les premières communautés.
Deux grands symboles pour une même foi
Au cours de son histoire, l'Église a transmis principalement deux grandes professions de foi : le Symbole des Apôtres et le Symbole de Nicée-Constantinople. Si leur formulation diffère sur certains points, ils expriment tous deux la même foi chrétienne et sont aujourd'hui encore proclamés dans la liturgie selon les circonstances.
Pourquoi cette page explique le Symbole des Apôtres ?
Cette page s'appuie sur le Symbole des Apôtres, sans doute le Credo le plus connu des catholiques. Appris dès le catéchisme, proclamé lors des baptêmes et souvent récité dans la prière personnelle, il offre une présentation simple et profonde de la foi chrétienne. En parcourant chacune de ses grandes affirmations, nous découvrirons comment quelques lignes seulement résument l'essentiel de ce que l'Église croit et annonce depuis les origines.
Le Symbole des Apôtres expliqué pas à pas
Le Symbole des Apôtres est construit comme un véritable parcours de foi. Chacune de ses affirmations révèle un aspect essentiel du mystère chrétien. Découvrons, pas à pas, ce que signifient ces paroles que des générations de croyants proclament depuis des siècles.
Croire en Dieu le Père, source de toute la création
Je crois en Dieu,
le Père tout-puissant,
créateur du ciel et de la terre.
Le Credo s'ouvre par une affirmation fondamentale : la foi chrétienne commence par Dieu. Avant de parler de Jésus-Christ, de l'Église ou des sacrements, elle invite à reconnaître Celui qui est à l'origine de toute chose.
En proclamant : « Je crois en Dieu », le chrétien ne dit pas seulement qu'il admet l'existence de Dieu. Il exprime un acte de confiance et choisit de remettre sa vie entre les mains de Celui qui s'est révélé au fil de l'histoire du salut.
Le Credo précise ensuite que Dieu est Père. Ce titre ne décrit pas d'abord une fonction ou une image humaine : il révèle la manière dont Dieu entre en relation avec l'humanité. Il est le Père qui appelle, qui aime, qui accompagne et qui veut faire de chaque être humain son enfant.
L'expression « tout-puissant » ne signifie pas que Dieu agit de manière arbitraire ou qu'il impose sa volonté par la force. Dans la Bible, sa toute-puissance se manifeste avant tout par son amour fidèle, sa patience, sa miséricorde et sa capacité à faire surgir la vie là où l'homme ne voit plus d'espérance.
Enfin, proclamer que Dieu est « créateur du ciel et de la terre », c'est reconnaître que tout ce qui existe trouve en lui son origine. Le monde n'est ni le fruit du hasard ni abandonné à lui-même : il est voulu, aimé et continuellement soutenu par son Créateur. Dès les premières lignes du Credo, le croyant confesse ainsi que toute l'histoire du salut commence en Dieu et conduit vers Lui.
Jésus-Christ, le Fils unique envoyé pour notre salut
Et en Jésus-Christ,
son Fils unique, notre Seigneur,
qui a été conçu du Saint-Esprit,
est né de la Vierge Marie,
a souffert sous Ponce Pilate,
a été crucifié,
est mort et a été enseveli,
est descendu aux enfers,
le troisième jour est ressuscité des morts,
est monté aux cieux,
est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant,
d'où il viendra juger les vivants et les morts.
Après avoir proclamé sa foi en Dieu le Père, le Credo conduit naturellement vers Jésus-Christ. Toute la foi chrétienne repose sur sa personne. Il n'est pas seulement un prophète, un maître spirituel ou un homme remarquable : il est le Fils unique de Dieu venu partager notre condition humaine afin d'ouvrir à tous le chemin du salut.
En affirmant « Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur », le Credo révèle son identité profonde. Jésus est pleinement homme, mais aussi pleinement Dieu. Il entretient avec le Père une relation unique que nul autre ne possède. Le reconnaître comme Seigneur, c'est confesser qu'il est le Ressuscité, vivant pour toujours, celui à qui toute autorité a été donnée et que les premiers chrétiens ont reconnu comme le centre de leur foi.
Le Credo poursuit en affirmant qu'il « a été conçu du Saint-Esprit, est né de la Vierge Marie ». Ces quelques mots résument le mystère de l'Incarnation. Le Fils de Dieu n'a pas seulement pris une apparence humaine : il est véritablement entré dans notre histoire. En Jésus, Dieu se rend proche des hommes, partage leur existence, leurs joies, leurs fatigues et leurs épreuves, sans jamais cesser d'être Dieu. La naissance de Jésus de la Vierge Marie rappelle que cette venue est avant tout l'œuvre de Dieu, accueillie librement par Marie dans la foi.
Le Credo ne s'attarde ensuite sur aucun épisode de la vie publique de Jésus. Il conduit immédiatement vers les événements décisifs de sa Passion : « a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli ». En mentionnant Ponce Pilate, il inscrit la Passion dans l'histoire réelle de l'humanité. La mort de Jésus n'est ni une légende ni un symbole : elle est un événement historique. Pourtant, pour les chrétiens, cette mort n'est pas un échec. Par amour, le Christ offre librement sa vie afin de vaincre le péché et de réconcilier l'humanité avec Dieu.
L'expression « est descendu aux enfers » ne signifie pas que Jésus est allé dans le lieu de condamnation éternelle. Dans le langage biblique, les « enfers » désignent le séjour des morts. Le Credo affirme ainsi que le Christ a connu pleinement la réalité de la mort humaine. En descendant jusque dans cette condition, il rejoint tous ceux qui l'ont précédé et manifeste que son salut s'étend à toute l'humanité.
Puis vient le cœur de la foi chrétienne : « le troisième jour est ressuscité des morts ». La Résurrection n'est pas un simple retour à la vie ni un souvenir entretenu par les disciples. Elle est la victoire définitive du Christ sur le péché et sur la mort. Elle ouvre une création nouvelle et fonde l'espérance chrétienne. Si le Christ n'est pas ressuscité, la foi est vaine ; mais parce qu'il est vivant, la mort n'a plus le dernier mot.
Le Credo poursuit : « est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant ». L'Ascension ne signifie pas que Jésus s'éloigne du monde. Elle marque son entrée dans la gloire du Père. L'expression « assis à la droite de Dieu » n'indique pas un lieu, mais la participation du Christ à la souveraineté divine. Celui qui s'est abaissé jusqu'à la Croix est désormais exalté et règne auprès du Père, tout en demeurant présent auprès de son Église.
Enfin, le Credo s'ouvre sur l'avenir : « d'où il viendra juger les vivants et les morts ». Les chrétiens attendent le retour du Christ dans la gloire. Ce jugement n'est pas annoncé pour susciter la peur, mais pour rappeler que l'histoire humaine a un sens et un accomplissement. Celui qui reviendra est le même Jésus qui a donné sa vie par amour. Son jugement manifestera pleinement la vérité, la justice et la miséricorde de Dieu, et inaugurera définitivement le Royaume promis depuis les origines.
En quelques lignes seulement, le Credo résume ainsi tout le mystère du Christ : son identité, son Incarnation, sa Passion, sa mort, sa Résurrection, son exaltation auprès du Père et son retour dans la gloire. Toute la foi chrétienne trouve son centre dans cette personne unique, Jésus-Christ, le Fils de Dieu venu sauver le monde.
L'Esprit Saint, l'Église et l'espérance des croyants
Je crois en l'Esprit Saint,
à la sainte Église catholique,
à la communion des saints,
à la rémission des péchés,
à la résurrection de la chair,
à la vie éternelle.
Amen.
Après avoir proclamé sa foi en Dieu le Père et en Jésus-Christ, le Credo s'achève en tournant le regard vers l'œuvre de l'Esprit Saint. Si le Père est la source de toute chose et si le Fils accomplit le salut par sa mort et sa résurrection, c'est l'Esprit Saint qui rend ce salut vivant et agissant dans le cœur des croyants et dans l'Église jusqu'à la fin des temps.
En affirmant « Je crois en l'Esprit Saint », le chrétien reconnaît la troisième personne de la Trinité. Invisible mais toujours présent, l'Esprit Saint est celui qui inspire les prophètes, accompagne l'Église depuis la Pentecôte, éclaire l'intelligence des Écritures, fortifie les croyants et les conduit vers Dieu. Il ne parle pas de lui-même : il conduit toujours au Christ et fait grandir la vie de Dieu dans le cœur de ceux qui l'accueillent.
Le Credo poursuit : « à la sainte Église catholique ». Croire en l'Église ne signifie pas mettre sa confiance dans une institution humaine, mais reconnaître qu'elle est le peuple de Dieu rassemblé par le Christ et animé par l'Esprit Saint. Le mot catholique signifie « universelle » : l'Église est ouverte à tous les peuples, à toutes les cultures et à toutes les générations. Malgré les fragilités de ses membres, elle demeure le lieu où la Parole de Dieu est annoncée, où les sacrements sont célébrés et où la foi est transmise depuis les apôtres.
Vient ensuite la profession de foi « à la communion des saints ». Cette communion unit tous ceux qui appartiennent au Christ : les croyants qui vivent aujourd'hui, ceux qui sont déjà auprès de Dieu et ceux qui poursuivent encore leur chemin de purification. L'Église dépasse ainsi les frontières du temps et de la mort. Tous sont appelés à former un seul corps dans le Christ, soutenus par la prière, la charité et l'espérance.
Le Credo affirme également la foi « à la rémission des péchés ». Par la mort et la résurrection du Christ, Dieu offre à chacun la possibilité d'être réconcilié avec Lui. Ce pardon est accueilli de manière particulière dans le baptême, puis tout au long de la vie chrétienne, notamment à travers le sacrement de la Réconciliation. Cette affirmation rappelle qu'aucun péché n'est plus fort que la miséricorde de Dieu lorsque l'homme revient vers Lui avec un cœur sincère.
La profession de foi se tourne ensuite vers l'avenir avec les mots « à la résurrection de la chair ». Les chrétiens ne croient pas seulement à l'immortalité de l'âme, mais à la résurrection de la personne tout entière. À la suite du Christ ressuscité, chacun est appelé à recevoir de Dieu une vie nouvelle où le corps lui-même participera à la gloire promise. Cette espérance donne tout son sens à la dignité du corps humain et rappelle que la mort n'est pas le terme définitif de notre existence.
Enfin, le Credo s'achève par cette proclamation lumineuse : « à la vie éternelle ». L'espérance chrétienne ne consiste pas simplement à vivre sans fin, mais à entrer dans la pleine communion avec Dieu. La vie éternelle commence déjà ici-bas lorsque l'homme accueille la grâce de Dieu et se laisse transformer par son amour. Elle trouvera son accomplissement lorsque Dieu sera « tout en tous » et que les croyants contempleront son visage dans une joie qui ne connaîtra plus de fin.
Le dernier mot du Credo est « Amen ». Ce n'est pas une simple formule pour conclure une prière. En hébreu, ce mot signifie : « C'est vrai », « J'y crois », « Je m'y engage ». En le prononçant, le chrétien fait sienne toute cette profession de foi. Il ne récite pas seulement un texte hérité des générations passées : il répond personnellement à l'appel de Dieu et choisit de mettre sa confiance en Lui.
Ainsi s'achève le Symbole des Apôtres. En quelques lignes, il conduit le croyant à contempler toute l'œuvre de Dieu : le Père qui crée, le Fils qui sauve, l'Esprit Saint qui sanctifie, l'Église qui annonce l'Évangile et l'espérance de la vie éternelle qui ouvre l'horizon de toute existence chrétienne.
Pourquoi les chrétiens proclament-ils le Credo depuis près de deux mille ans ?
Le Credo traverse les siècles parce qu'il exprime, avec une étonnante simplicité, le cœur de la foi chrétienne. Depuis les premiers disciples jusqu'aux chrétiens d'aujourd'hui, il unit des croyants de toutes les langues, de toutes les cultures et de toutes les générations dans une même profession de foi.
À chaque messe, lors des baptêmes, des grandes fêtes ou dans la prière personnelle, le Credo rappelle que la foi chrétienne n'est pas une opinion parmi d'autres, mais une réponse à la révélation de Dieu. En le proclamant, les croyants ne récitent pas un texte appris par cœur : ils redisent leur confiance en Dieu le Père, en Jésus-Christ, son Fils, et en l'Esprit Saint qui continue d'agir dans le monde.
Le Credo est également un repère. Dans un monde où les idées évoluent sans cesse, il conserve intact l'essentiel de la foi transmise par les apôtres. Il offre aux chrétiens une référence commune qui les relie à toute l'histoire de l'Église et les aide à demeurer fidèles à l'Évangile.
Mais le Credo est bien davantage qu'un résumé doctrinal. Chaque affirmation invite à une rencontre avec Dieu et ouvre un chemin de conversion. Le proclamer engage toute l'existence : croire en Dieu, accueillir le Christ, se laisser conduire par l'Esprit Saint, vivre en communion avec l'Église et avancer dans l'espérance de la vie éternelle.
Voilà pourquoi, près de deux mille ans après les premières professions de foi chrétiennes, le Credo continue de résonner dans les églises du monde entier. Les générations passent, les cultures changent, mais cette profession de foi demeure la même invitation : entrer toujours davantage dans le mystère de Dieu et répondre, à son tour, avec confiance : « Je crois. »
il ouvre un chemin pour rencontrer Celui en qui ils mettent toute leur confiance.
Repères pour approfondir le Credo
Quelques chemins pour découvrir comment le Credo rassemble toute la foi chrétienne autour du Père, du Fils et de l’Esprit Saint, dans une même confession de foi vivante.
Ressources THEOFIL
🌳 Consulter ou télécharger l'infographie : l'arbre du CredoCette infographie présente le Symbole des Apôtres sous la forme d'un arbre, afin d'en visualiser d'un seul regard la structure trinitaire. Elle met en lumière les trois grandes affirmations de la foi chrétienne : le Père qui crée, le Fils qui sauve et l'Esprit Saint qui sanctifie et conduit les croyants vers la vie éternelle.