La fin des États pontificaux : quand la papauté perd son pouvoir temporel
En 1870, la disparition des États pontificaux met fin au pouvoir temporel des papes
et ouvre une nouvelle étape dans l'histoire de la papauté,
désormais recentrée sur sa mission spirituelle.
Pendant plus de mille ans, les papes exercent non seulement une autorité spirituelle sur l'Église catholique, mais gouvernent également un vaste territoire au cœur de l'Italie : les États pontificaux. En 1870, cette situation prend fin avec l'unification italienne et la prise de Rome. Ce bouleversement marque une étape décisive dans l'histoire de la papauté, qui perd son pouvoir temporel tout en conservant pleinement sa mission spirituelle. Cette transformation ouvrira une nouvelle réflexion sur les conditions nécessaires à l'indépendance du successeur de Pierre.
Pourquoi les papes gouvernaient-ils un territoire ?
Pour comprendre la disparition des États pontificaux, il faut d'abord savoir pourquoi les papes ont gouverné un territoire pendant plus de mille ans. Cette situation peut surprendre aujourd'hui, mais elle s'explique par le contexte politique et religieux de l'Europe médiévale. Loin d'être un simple privilège, ce pouvoir temporel répondait à des besoins bien précis et allait profondément marquer l'histoire de la papauté.
La naissance des États pontificaux
Aux premiers siècles du christianisme, les papes ne gouvernent aucun territoire. Leur mission est uniquement spirituelle : annoncer l'Évangile, veiller sur les communautés chrétiennes et servir l'unité de l'Église. Mais, après la chute de l'Empire romain d'Occident au Ve siècle, la situation politique de l'Italie devient de plus en plus instable.
Au VIIIe siècle, les Lombards menacent Rome et les territoires voisins. L'empereur byzantin, qui exerce encore une autorité théorique sur une partie de l'Italie, n'est plus en mesure d'assurer efficacement leur défense. Les papes se tournent alors vers les souverains francs, notamment Pépin le Bref, qui intervient militairement pour protéger Rome.
En 756, Pépin remet au pape plusieurs territoires conquis sur les Lombards. Cette « Donation de Pépin » marque la naissance des États pontificaux. Pour la première fois, le successeur de Pierre devient également souverain d'un territoire. Au fil des siècles, ces États s'étendent et forment un ensemble situé au cœur de la péninsule italienne, avec Rome pour capitale.
Les États pontificaux ne sont donc pas nés d'une volonté d'accroître le pouvoir des papes. Ils apparaissent dans un contexte où l'Église doit assurer sa propre sécurité et préserver une certaine indépendance face aux puissances politiques de son époque. Cette situation, exceptionnelle dans l'histoire des religions, perdurera pendant plus de mille ans.
Au VIIIe siècle, les Lombards menacent Rome et les territoires voisins. L'empereur byzantin, qui exerce encore une autorité théorique sur une partie de l'Italie, n'est plus en mesure d'assurer efficacement leur défense. Les papes se tournent alors vers les souverains francs, notamment Pépin le Bref, qui intervient militairement pour protéger Rome.
En 756, Pépin remet au pape plusieurs territoires conquis sur les Lombards. Cette « Donation de Pépin » marque la naissance des États pontificaux. Pour la première fois, le successeur de Pierre devient également souverain d'un territoire. Au fil des siècles, ces États s'étendent et forment un ensemble situé au cœur de la péninsule italienne, avec Rome pour capitale.
Les États pontificaux ne sont donc pas nés d'une volonté d'accroître le pouvoir des papes. Ils apparaissent dans un contexte où l'Église doit assurer sa propre sécurité et préserver une certaine indépendance face aux puissances politiques de son époque. Cette situation, exceptionnelle dans l'histoire des religions, perdurera pendant plus de mille ans.
Le pape, chef spirituel et souverain temporel
À partir du VIIIe siècle, les papes exercent donc une double responsabilité. D'une part, ils demeurent les successeurs de Pierre et les pasteurs de l'Église catholique. D'autre part, ils gouvernent les États pontificaux comme n'importe quel souverain de leur époque. Ils administrent un territoire, promulguent des lois, lèvent des impôts, rendent la justice et entretiennent des relations diplomatiques avec les autres États.
Cette double mission présente plusieurs avantages. En disposant de leur propre territoire, les papes ne dépendent d'aucun roi ni d'aucun empereur pour exercer leur ministère. Cette autonomie politique leur permet de prendre des décisions sans être directement soumis à une puissance étrangère. Dans une Europe où les alliances et les conflits sont fréquents, cette indépendance constitue un atout important.
Cette situation comporte cependant des limites. En gouvernant un État, les papes sont inévitablement entraînés dans les rivalités politiques, les guerres, les négociations diplomatiques et les questions économiques de leur temps. Leur mission spirituelle peut alors sembler se confondre avec les intérêts d'un pouvoir terrestre, au risque d'alimenter critiques et incompréhensions.
Pendant plus d'un millénaire, la papauté cherche ainsi à maintenir un équilibre délicat entre ces deux dimensions. Les papes ne cessent de rappeler que leur mission première demeure l'annonce de l'Évangile et le service de l'unité de l'Église, tout en assumant les responsabilités liées au gouvernement de leurs États. Cette tension explique en grande partie les débats qui accompagneront la disparition des États pontificaux au XIXe siècle.
Cette double mission présente plusieurs avantages. En disposant de leur propre territoire, les papes ne dépendent d'aucun roi ni d'aucun empereur pour exercer leur ministère. Cette autonomie politique leur permet de prendre des décisions sans être directement soumis à une puissance étrangère. Dans une Europe où les alliances et les conflits sont fréquents, cette indépendance constitue un atout important.
Cette situation comporte cependant des limites. En gouvernant un État, les papes sont inévitablement entraînés dans les rivalités politiques, les guerres, les négociations diplomatiques et les questions économiques de leur temps. Leur mission spirituelle peut alors sembler se confondre avec les intérêts d'un pouvoir terrestre, au risque d'alimenter critiques et incompréhensions.
Pendant plus d'un millénaire, la papauté cherche ainsi à maintenir un équilibre délicat entre ces deux dimensions. Les papes ne cessent de rappeler que leur mission première demeure l'annonce de l'Évangile et le service de l'unité de l'Église, tout en assumant les responsabilités liées au gouvernement de leurs États. Cette tension explique en grande partie les débats qui accompagneront la disparition des États pontificaux au XIXe siècle.
Pourquoi les États pontificaux disparaissent-ils ?
Au XIXe siècle, les États pontificaux sont confrontés à un mouvement politique qui transforme profondément la péninsule italienne. L'unification de l'Italie remet progressivement en cause l'existence de nombreux petits États, y compris celui gouverné par le pape. Cette évolution aboutira, en 1870, à la disparition des États pontificaux et ouvrira une période entièrement nouvelle dans l'histoire de la papauté.
Le Risorgimento et l'unification de l'Italie
Au début du XIXe siècle, la péninsule italienne n'est pas encore un pays unifié. Elle est partagée entre plusieurs royaumes, duchés et territoires indépendants, parmi lesquels figurent les États pontificaux. De nombreux responsables politiques et intellectuels souhaitent alors réunir ces différents États pour former une seule nation italienne. Ce vaste mouvement est connu sous le nom de Risorgimento, c'est-à-dire le « renouveau » ou la « renaissance » de l'Italie.
Parmi les principales figures de cette unification se trouvent le roi Victor-Emmanuel II, futur premier roi d'Italie, son ministre Camillo Cavour, artisan de la diplomatie du royaume de Piémont-Sardaigne, ainsi que Giuseppe Garibaldi, dont les campagnes militaires contribuent largement au rassemblement de nombreux territoires italiens.
Dans ce contexte, les États pontificaux apparaissent comme une difficulté majeure. Ils occupent une position centrale dans la péninsule et empêchent l'unité territoriale souhaitée par les partisans du Risorgimento. Pour beaucoup d'entre eux, Rome doit naturellement devenir la capitale de la future Italie unifiée.
Le pape Pie IX, quant à lui, refuse cette perspective. Il ne s'oppose pas par principe à l'idée d'une nation italienne, mais il estime que la disparition des États pontificaux risque de placer le successeur de Pierre sous la dépendance d'un pouvoir politique. À ses yeux, conserver un territoire propre demeure une garantie essentielle de l'indépendance de la papauté dans l'exercice de sa mission spirituelle.
Le désaccord porte donc sur deux conceptions légitimes mais difficilement conciliables. Les partisans de l'unification veulent construire un État italien unifié avec Rome pour capitale. Le pape cherche, de son côté, à préserver les conditions qui lui permettent d'exercer librement son ministère auprès de toute l'Église. C'est cette opposition qui conduira progressivement à la crise de 1870.
Parmi les principales figures de cette unification se trouvent le roi Victor-Emmanuel II, futur premier roi d'Italie, son ministre Camillo Cavour, artisan de la diplomatie du royaume de Piémont-Sardaigne, ainsi que Giuseppe Garibaldi, dont les campagnes militaires contribuent largement au rassemblement de nombreux territoires italiens.
Dans ce contexte, les États pontificaux apparaissent comme une difficulté majeure. Ils occupent une position centrale dans la péninsule et empêchent l'unité territoriale souhaitée par les partisans du Risorgimento. Pour beaucoup d'entre eux, Rome doit naturellement devenir la capitale de la future Italie unifiée.
Le pape Pie IX, quant à lui, refuse cette perspective. Il ne s'oppose pas par principe à l'idée d'une nation italienne, mais il estime que la disparition des États pontificaux risque de placer le successeur de Pierre sous la dépendance d'un pouvoir politique. À ses yeux, conserver un territoire propre demeure une garantie essentielle de l'indépendance de la papauté dans l'exercice de sa mission spirituelle.
Le désaccord porte donc sur deux conceptions légitimes mais difficilement conciliables. Les partisans de l'unification veulent construire un État italien unifié avec Rome pour capitale. Le pape cherche, de son côté, à préserver les conditions qui lui permettent d'exercer librement son ministère auprès de toute l'Église. C'est cette opposition qui conduira progressivement à la crise de 1870.
1870 : la prise de Rome
Pendant plusieurs années, les États pontificaux bénéficient de la protection militaire de la France de Napoléon III. Des troupes françaises stationnent à Rome afin de garantir l'autorité du pape et d'empêcher toute tentative d'annexion par le jeune royaume d'Italie.
Cette situation change brutalement en 1870. Lorsque la guerre franco-prussienne éclate, Napoléon III rappelle ses soldats pour défendre le territoire français. Rome se retrouve alors privée de sa principale protection militaire.
Profitant de cette nouvelle situation, les troupes italiennes entrent dans Rome le 20 septembre 1870 après avoir ouvert une brèche dans les murailles de la ville près de la Porta Pia. La résistance des forces pontificales demeure volontairement limitée afin d'éviter une guerre meurtrière entre catholiques.
Quelques semaines plus tard, un plébiscite approuve le rattachement de Rome au royaume d'Italie. Les États pontificaux cessent d'exister après plus de mille ans d'histoire, et Rome devient la capitale du nouvel État italien.
Pour la première fois depuis le VIIIe siècle, le pape n'exerce plus aucun pouvoir temporel sur un territoire. Sa mission spirituelle demeure intacte, mais elle s'inscrit désormais dans une situation entièrement nouvelle dont les conséquences se feront sentir pendant plusieurs décennies.
Cette situation change brutalement en 1870. Lorsque la guerre franco-prussienne éclate, Napoléon III rappelle ses soldats pour défendre le territoire français. Rome se retrouve alors privée de sa principale protection militaire.
Profitant de cette nouvelle situation, les troupes italiennes entrent dans Rome le 20 septembre 1870 après avoir ouvert une brèche dans les murailles de la ville près de la Porta Pia. La résistance des forces pontificales demeure volontairement limitée afin d'éviter une guerre meurtrière entre catholiques.
Quelques semaines plus tard, un plébiscite approuve le rattachement de Rome au royaume d'Italie. Les États pontificaux cessent d'exister après plus de mille ans d'histoire, et Rome devient la capitale du nouvel État italien.
Pour la première fois depuis le VIIIe siècle, le pape n'exerce plus aucun pouvoir temporel sur un territoire. Sa mission spirituelle demeure intacte, mais elle s'inscrit désormais dans une situation entièrement nouvelle dont les conséquences se feront sentir pendant plusieurs décennies.
Le pape se dit « prisonnier du Vatican »
Après la prise de Rome, le gouvernement italien adopte en 1871 la « loi des Garanties », qui reconnaît au pape certains privilèges et lui assure une protection particulière. Pie IX refuse cependant cette solution. À ses yeux, ces garanties peuvent être modifiées ou supprimées à tout moment par le pouvoir politique. Elles ne constituent donc pas une véritable garantie d'indépendance.
Le pape refuse également de reconnaître l'annexion de Rome et considère que la disparition des États pontificaux s'est faite contre son gré. Pour manifester son désaccord, il choisit de ne plus quitter l'enceinte du Vatican. Ses successeurs adopteront la même attitude pendant près de soixante ans.
C'est dans ce contexte qu'apparaît l'expression « prisonnier du Vatican ». Elle ne signifie pas que le pape est physiquement détenu ou privé de liberté de mouvement par des soldats italiens. Elle exprime avant tout une position politique et symbolique : le pape estime ne pas pouvoir exercer pleinement sa mission tant que la question de son indépendance n'est pas définitivement réglée.
Cette situation crée ce que l'on appellera la « question romaine ». Pendant près de soixante ans, les relations entre la papauté et le royaume d'Italie restent profondément tendues. Il faudra attendre les accords du Latran, en 1929, pour qu'une solution durable soit trouvée et que soit créé l'État de la Cité du Vatican.
Le pape refuse également de reconnaître l'annexion de Rome et considère que la disparition des États pontificaux s'est faite contre son gré. Pour manifester son désaccord, il choisit de ne plus quitter l'enceinte du Vatican. Ses successeurs adopteront la même attitude pendant près de soixante ans.
C'est dans ce contexte qu'apparaît l'expression « prisonnier du Vatican ». Elle ne signifie pas que le pape est physiquement détenu ou privé de liberté de mouvement par des soldats italiens. Elle exprime avant tout une position politique et symbolique : le pape estime ne pas pouvoir exercer pleinement sa mission tant que la question de son indépendance n'est pas définitivement réglée.
Cette situation crée ce que l'on appellera la « question romaine ». Pendant près de soixante ans, les relations entre la papauté et le royaume d'Italie restent profondément tendues. Il faudra attendre les accords du Latran, en 1929, pour qu'une solution durable soit trouvée et que soit créé l'État de la Cité du Vatican.
Que change la fin des États pontificaux ?
La disparition des États pontificaux ne marque pas la fin de la papauté, mais une profonde transformation de son rôle dans le monde. Si le pape cesse d'être le souverain d'un vaste territoire, il demeure pleinement le successeur de Pierre et le pasteur de l'Église catholique. Cette nouvelle situation conduira progressivement à repenser les conditions de son indépendance et de l'exercice de sa mission.
Une papauté recentrée sur sa mission spirituelle
La disparition des États pontificaux constitue un bouleversement considérable pour la papauté. Pendant plus de mille ans, les papes avaient exercé une double responsabilité : conduire l'Église comme successeurs de Pierre tout en gouvernant un territoire au cœur de l'Italie. En 1870, cette situation prend fin.
Le pape perd son pouvoir temporel, mais il ne perd ni sa mission ni son autorité spirituelle. Il continue d'annoncer l'Évangile, de confirmer les croyants dans la foi, de nommer des évêques et de servir l'unité de l'Église. La disparition des États pontificaux ne modifie donc pas la nature du ministère pétrinien ; elle transforme uniquement le cadre politique dans lequel celui-ci s'exerce.
Avec le recul, de nombreux historiens estiment que cette évolution a également produit des effets positifs. Libérée de la gestion d'un vaste territoire et des responsabilités propres à un État, la papauté peut progressivement consacrer davantage d'énergie à sa mission universelle. Son regard se porte moins sur les affaires politiques italiennes et davantage sur l'ensemble de l'Église présente dans le monde.
Cette évolution ne s'est pas faite sans difficultés ni sans résistances. Pour les contemporains de Pie IX, la perte des États pontificaux représente une épreuve profonde. Pourtant, les décennies suivantes montreront que la force de la papauté ne dépend pas d'abord de l'étendue de son territoire, mais de sa mission de service, de communion et d'annonce de l'Évangile.
Le pape perd son pouvoir temporel, mais il ne perd ni sa mission ni son autorité spirituelle. Il continue d'annoncer l'Évangile, de confirmer les croyants dans la foi, de nommer des évêques et de servir l'unité de l'Église. La disparition des États pontificaux ne modifie donc pas la nature du ministère pétrinien ; elle transforme uniquement le cadre politique dans lequel celui-ci s'exerce.
Avec le recul, de nombreux historiens estiment que cette évolution a également produit des effets positifs. Libérée de la gestion d'un vaste territoire et des responsabilités propres à un État, la papauté peut progressivement consacrer davantage d'énergie à sa mission universelle. Son regard se porte moins sur les affaires politiques italiennes et davantage sur l'ensemble de l'Église présente dans le monde.
Cette évolution ne s'est pas faite sans difficultés ni sans résistances. Pour les contemporains de Pie IX, la perte des États pontificaux représente une épreuve profonde. Pourtant, les décennies suivantes montreront que la force de la papauté ne dépend pas d'abord de l'étendue de son territoire, mais de sa mission de service, de communion et d'annonce de l'Évangile.
Pourquoi cette étape prépare le Vatican moderne
Après 1870, une question demeure sans réponse : comment garantir l'indépendance du pape s'il ne possède plus de territoire propre ? Cette interrogation devient l'un des principaux enjeux des relations entre la papauté et le royaume d'Italie pendant près de soixante ans.
La disparition des États pontificaux ne règle donc pas définitivement la question du pouvoir temporel ; elle la transforme. Désormais, il ne s'agit plus de gouverner un vaste État, mais de trouver un cadre juridique et politique qui permette au successeur de Pierre d'exercer librement sa mission, sans dépendre d'un gouvernement.
Cette réflexion conduira progressivement à une solution nouvelle. En 1929, les accords du Latran mettront fin à la « question romaine » en reconnaissant la souveraineté de l'État de la Cité du Vatican. Ce territoire, beaucoup plus modeste que les anciens États pontificaux, n'aura pas pour vocation de faire du pape une puissance politique, mais de garantir concrètement son indépendance dans l'exercice de sa mission spirituelle.
Ainsi, la fin des États pontificaux n'est pas seulement l'achèvement d'une longue période de l'histoire de la papauté. Elle ouvre une nouvelle manière de concevoir l'indépendance du successeur de Pierre, dont l'État de la Cité du Vatican demeure aujourd'hui l'expression la plus visible.
La disparition des États pontificaux ne règle donc pas définitivement la question du pouvoir temporel ; elle la transforme. Désormais, il ne s'agit plus de gouverner un vaste État, mais de trouver un cadre juridique et politique qui permette au successeur de Pierre d'exercer librement sa mission, sans dépendre d'un gouvernement.
Cette réflexion conduira progressivement à une solution nouvelle. En 1929, les accords du Latran mettront fin à la « question romaine » en reconnaissant la souveraineté de l'État de la Cité du Vatican. Ce territoire, beaucoup plus modeste que les anciens États pontificaux, n'aura pas pour vocation de faire du pape une puissance politique, mais de garantir concrètement son indépendance dans l'exercice de sa mission spirituelle.
Ainsi, la fin des États pontificaux n'est pas seulement l'achèvement d'une longue période de l'histoire de la papauté. Elle ouvre une nouvelle manière de concevoir l'indépendance du successeur de Pierre, dont l'État de la Cité du Vatican demeure aujourd'hui l'expression la plus visible.
L'histoire de la papauté rappelle que sa véritable force ne réside pas dans la possession d'un territoire,
mais dans la mission que le Christ lui confie au service de l'unité de l'Église
et de l'annonce de l'Évangile.
Repères pour approfondir
Pour mieux comprendre les conséquences de la disparition des États pontificaux et la manière dont la papauté a retrouvé les conditions de son indépendance, poursuivez votre découverte avec ces pages complémentaires.